Désobéissance numérique
À contre-algorithme, sans mode d’emploi, reprendre possession de son attention, de son rythme organique, dans un monde numérique qui cherche à tout marchander.
Habiter le numérique sans s’y soumettre : écrire, publier, exister hors des automatismes imposés. Consommer sans se laisser emporter. Refuser de laisser la machine vampiriser la pensée. Être organiquement numérique !
Je suis connectée depuis les années 90. J’ai vu se transformer l’Internet au fil des décennies avec une certaine désillusion.
J’ai vu naître YouTube, Facebook, le streaming et la multitude de ces réseaux devenus sociaux…
Avec dépit, j’ai observé l’évolution des outils numériques, leurs tendances et leurs impacts sur nos sociétés.
Les illusions optimistes que nous avions au début des années 2000 ne sont plus vraiment d’actualité !
Elles font maintenant partie d’un passé qui nous rend nostalgiques. Un temps disparu où l’on cultivait le Web comme de simples jardins d’expressions. Sans prétention ni avidité.
L’attention humaine est devenue un marché invisible qui se capitalise à outrance. L’influence numérique est problématique…
Les réseaux sociaux corrompent des pans entiers de la société. Ils conçoivent ces réalités parallèles où les vérités des uns deviennent le tissu de mensonges des autres.
Ces mondes alternatifs où la pensée critique s’efface et le bon sens disparaît sans que l’on s’en soucie.
Intelligence humaine versus intelligence artificielle…
J’explore l’IA depuis sa naissance. Comme une trekkie qui trippe.
Elle a l’interdiction de toucher à ma plume. Ma plume est sacrée. Elle est humaine et tient à le rester.
J’expérimente les diverses IA pour en cerner les possibilités et en comprendre les dérives. Plus j’en apprends et plus elles m’inquiètent plutôt que de me rassurer.
J’apprends cette science nouvelle de ‘“prompt engineer” avec la même curiosité que lorsque j’explorais le langage HTML en 1995.
Je crée des prompts non sycophantiques. Je cherche le fantôme dans la machine. Je force l’introspection algorithmique et les réflexions métaphysiques.
Je l’utilise comme recherchiste, je teste l’art IA. J’explore cette nouvelle intelligence comme on explore une contrée inconnue. Avec curiosité et prudence. Consciente de ces dangers.
Comment ne pas être fascinée par les résultats de ces IA qui envahissent nos vies et nos esprits ?
À chaque fois que j’explore l’IA plus en profondeur, je me demande quel avenir tout cela façonne…
En explorant ce nouveau monde, je perçois ces dilemmes qui deviennent malaises en ce qui concerne l’IA et ses capacités.
J’y réfléchis. Je rumine des sujets à développer au cours de la prochaine année.
Je suis aussi perturbée par ce futur robotique qui se rapproche inexorablement de nos quotidiens. Est-ce pour le meilleur ou le pire?
À contre-algorithme, sans mode d’emploi.
Nous vivons maintenant à l’ère des oligarques numériques qui monétisent l’attention humaine sans dignité aucune.
Je résiste. Je n’apprécie pas les chambres d’écho qui abrutissent l’esprit.
Mon attention est mienne, je désire en garder le contrôle.
Plus je me reconnecte, et plus je développe une subtile pratique à contre-courant des normes établies.
L’inconfort ne me fait pas peur. Je privilégie certaines habitudes. Je délimite ces règles personnelles qui déterminent un embryon de philosophie intérieure.
J’ai choisi Substack de par cette rumeur qui dit que l’algorithme n’est pas ici un dictateur.
Que l’humain peut y retrouver sa place.
Je veux croire que Substack est un imparfait refuge pour les résistants à Tiktok?
Faire de la résistance numérique commence par refuser les automatismes imposés par les algorithmes. Ce qui est pensé pour capter l’attention ne mérite pas toujours qu’on s’y attarde…
Fuck l’algorithme, vive les humains !
En ce monde qui n’arrête pas d’évoluer au fil des nouvelles technologies qui consomment l’humanité, je désire prendre le contrôle de mes consommations numériques.
J’entame mon troisième mois en ce coin de “Oueb” avec la sensation que c’est en effet mieux ici qu’ailleurs.
Je choisis de revenir en ligne et d’y retrouver les rythmes des mots malgré les maux qui me ralentissent en silence.
Je suis un pot-pourri qui s’assume, intéressée par divers sujets, divers formats, divers genres.
Entre textes longs, notes éparses, inspirations en cours et explorations multiples, je me cherche encore.
Je n’essaie pas de comprendre les nuances de l’algorithme de Substack. Ce qui me permet de mieux l’ignorer. Car mieux je comprends les algorithmes, moins j’ai envie de leur obéir.
Je m’éloigne autant que possible des statistiques. Je me concentre sur l’expérience humaine que j’y retrouve.
Je socialise avec authenticité. Je ne porte aucun masque. Je n’ai rien à cacher. Au gré des échanges, je me laisse de nouveau apprivoisée.
Je réponds à chacun de mes commentaires et j’apprécie les échanges qui en ressortent.
Consciemment je me nourris les idées sur Substack en y vagabondant une heure à la fois.
Je lis, j’inspire, je like, je commente. J’interagis avec l’intention de cultiver une authentique humanité. Pour cultiver ce qui nous démarque des algorithmes.
Mettre du réel au virtuel
Je choisis d’exister en ligne à contre-algorithme, de reconstruire ici une nouvelle cabane oueb, artisanale, unique, un peu biscornue, authentique et, je l’espère, chaleureuse…
Au fil de mes pérégrinations, j’ai trouvé sympathique l’idée de discuter “en vrai” avec d’autres Substackeux. J’ai accepté l’invitation de Sandra à participer au premier « Substack Café » francophone.
Malgré une sauvage rage de dents, dimanche matin, avec douleur et bonne humeur, de mon salon, j’ai rencontré d’autres esprits francophones qui habitent cette plate-forme.
Rencontrer de nouvelles personnes à travers la francophonie, du Québec à la France, au Bénin, fut enrichissant. Je suis prête à réitérer l’expérience !
J’y ai passé un agréable moment. Nous avons échangé sur la relation de chacun avec l’écriture. Sur la place de celle-ci en nos vies. Découvrir ce qui anime d’autres plumes fut un réel plaisir.
Malgré ma molaire rageuse, je suis très heureuse d’avoir pu visuellement discuter avec Julie, Éric, Johana, Manon, Mélila Victoria, Gloria.
Rencontrer de véritables humains s’inscrit en cet esprit anti-algorithme que je souhaite affirmer avec cette nouvelle année. Avec l’idée de développer une intelligente communauté où l’humain retrouve sa place sans IA ni anonymat.
Durant cette virtuelle rencontre internationale, j’ai aussi appris que ce dimanche là était la Journée officielle du merci !
Et même si ce n’est plus la journée officielle, cela reste la semaine de cette journée! Je suis reconnaissante pour tous ceux qui se sont abonnés et qui me suivent. Cela me donne de la force de continuer au coeur de ce rude hiver.
En ma cabane “Oueb”
Au fil de ces semaines passées à reconstruire cette vie numérique, ma philosophie à contre-algorithme s’éclaircit en mes pensées.
Je refuse d’être consommée par les algorithmes.
Je refuse que l’on kidnappe mon attention.
Je choisis de consommer le numérique à mon rythme.
J’écris au fil des “flows” qui me traversent. J’assume mon bric à brac. Un jour, je monétiserai moi-même mon contenu si je le décide...
Avant ce jour, je vais commencer par gérer mes textes variés en un rythme de chroniques mieux définies.
Organiser mon joyeux bordel fait définitivement partie de mes intentions “substackiennes” pour 2026 !
Ceci est un premier pas vers ces chroniques à saveur techno qui se développent en mes idées. Je les macère dans mes neurones. Elles y mijotent à petit feu. Entre récits de voyage, explorations humaines et curiosités culturelles.
Je souhaite à tous une année remplie d’inspirations et de créations !
Merci pour votre lecture et vos signes de vie qui humanisent nos expériences numériques…








Agréables réflexions :)
Un très beau texte!
Et notre petit club du dimanche était nommé 🤗
Continue de mettre de la beauté en mots, ici ✨